Semaine du 2 au 6 janvier 2012
Début d'année plutôt calme. On parle de la taxe Tobin et de la TVA sociale. Deux sujets que l'on reverra souvent dans l'actualité. On s'interroge sur l'avenir de l'Euro, qui inquiète mais que personne n'imagine voir disparaître.
Vous n'avez pas le temps de tout lire, chaque vendredi, cette revue de presse vous donne un panorama de l'actualité financière et économique.
LUNDI
L'euro passera-t-il 2012 ?
Comme beaucoup de ses confrères, le site latribune.fr posait la question en ce début de semaine et d'année.
« Il y a dix ans, les pièces et billets en euros étaient mis en circulation. Après trois ans de test sur les marchés financiers, l'euro fiduciaire était né. Il est aujourd'hui menacé par la crise de la dette. Le contraste est saisissant entre le dixième anniversaire de l'euro financier fêté aux petites heures de 2009 et les dix bougies de l'euro fiduciaire que l'on souffle aujourd'hui. A la réouverture des transactions en janvier 2009, l'euro, qui valait un peu plus de 1,40 dollar contre 1,18 dix ans plus tôt, était célébré pour ses vertus de bouclier en acier trempé contre la crise financière que traversait la planète et qui épargnait aux protagonistes de la zone euro des tempêtes monétaires dévastatrices dont ils avaient été coutumiers avant sa création.
En ces premières heures de 2012, dix ans après la mise en circulation des pièces et billets, l'euro, parti de 0,90 dollar, se négocie beaucoup plus haut face au dollar, même s'il est tombé à son plus bas niveau depuis quinze mois, à moins de 1,29. Mais face au yen, il a effacé les gains des dix dernières années, rechutant en dessous de 100.
S'il reste un bouclier, l'euro menace de se transformer en boomerang qui aurait entamé sa course folle et dont on redoute qu'il ne la termine sur la zone qu'il représente vers laquelle s'est déplacé le curseur de la crise. (...) Si l'euro semble pour l'instant immunisé, tant il a acquis une stature internationale, la crise actuelle montre que tout reste à faire, sauf à envisager un éclatement de la zone euro que nous prédisent bon nombre de Cassandre. À une monnaie unique et une politique monétaire unique, ne s'est pas ajoutée, comme en rêvaient les pères fondateurs, l'intégration politique et économique de l'Europe. Les dix ans écoulés ont été ceux de la facilité mais aussi du laisser-aller. Les dix ans à venir devront être ceux de la gouvernance... ou du retour vers le passé. Mais n'est-il pas vrai que l'Europe n'a jamais mieux avancé que dans les crises ! »
Retrouvez l'article intégral d'Isabelle Croizard sur le site latribune.fr, lundi 2 janvier 2012
Les grands défis de la planète financière
C'est le site latribune.fr qui nous les résume.
« L'année 2012 devrait réserver son lot de bonnes et mauvaises surprises aux établissements financiers européens qui sortent d'une année 2011 cauchemardesque. Les banques n'ont en effet jamais été autant au centre du viseur et devront faire face à de multiples pressions de la part des régulateurs et des dirigeants européens. Même leur modèle économique est remis en cause. La Commission européenne a, par exemple, créé un groupe de travail chargé de lui rendre, d'ici à la mi-2012, un rapport sur l'efficience de la séparation des activités de banque de détail de celles d'investissement. La commission Vickers, au Royaume-Uni, n'a pas attendu Bruxelles pour indiquer la nécessité de séparer l'activité de détail de l'activité de marchés, afin de protéger les dépôts. (...)
Les douze prochains mois verront également les établissements financiers européens poursuivre leurs plans de restructuration comprenant des cessions d'actifs et des réductions d'effectifs. Si les branches de gestion d'actifs des établissements financiers voient leurs budgets revus à la baisse et parfois leurs effectifs réduits, comme l'a par exemple annoncé BNP Paribas, la banque de financement et d'investissement (BFI) sera l'activité la plus touchée. Elle est en effet prise au piège entre la raréfaction et le renchérissement du refinancement, notamment en dollars, et les nouvelles contraintes prudentielles de Bâle III. L'Autorité bancaire européenne a d'ailleurs demandé aux banques de respecter avant l'heure les ratios de solvabilité demandés par le comité de Bâle. Elles devront atteindre un ratio de fonds propres durs de 9 % au 30 juin prochain. (...) »
Retrouvez l'article intégral sur le site latribune.fr, lundi 2 janvier 2012
La séparation entre banque de détail et banque d'investissement bientôt actée ?
La question était posée par latribune.fr
« Le commissaire européen Michel Barnier a annoncé, le 22 novembre, la création d'un groupe de travail chargé de lui rendre, d'ici à la mi-2012, un rapport sur la séparation des activités de banque de détail de celles de banque d'investissement. Un changement de cap assez net pour ce responsable, qui estimait jusqu'alors que les banques universelles, combinant activité de détail et activité de marchés, n'avaient pas été à l'origine de la crise financière de 2008. C'était compter sans les travaux de la commission Vickers, au Royaume-Uni, qui ont débuté il y a un peu plus d'un, et qui concluent à la nécessité de séparer l'activité de détail de l'activité de marchés, afin de protéger les dépôts. Cette réforme, qui sera votée outre-Manche en 2015 et appliquée en 2019, au plus tard, « constitue en France un sujet majeur de la campagne présidentielle à venir », estime dans un récent rapport le cabinet Eurogroup Consulting, soulignant que « plusieurs candidats de gauche, ainsi que Marine Le Pen, l'ont évoqué sur leurs blogs de campagne. » (...)
Mais, estime Christine Lejoux, « un "glass-Steagall Act" à l'européenne, du nom de la loi sur la séparation des activités de détail et d'investissement, votée aux États-Unis au lendemain de la crise de 1929 et abolie en 1999, n'est pas forcément un remède à cette fragilisation de l'industrie bancaire. En effet, ce sont les banques universelles qui ont le mieux résisté à la crise de 2008, les revenus de leur activité de détail compensant justement les contre-performances de leur activité de marchés. À l'inverse, les établissements les plus touchés ont été de "pure-players" de la banque d'investissement ? La tristement célèbre Lehman Brothers ?, et une banque de détail, la britannique Northern Rock. » (...)
Retrouvez l'article complet de Christine Lejoux sur le site latribune.fr, lundi 2 janvier 2012
Les banques françaises dégraissent leurs effectifs américains
L'article est sur le site lexpansion.com
(...) « Les principales banques françaises présentes à Wall Street - BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole - sont en passe de supprimer un millier d'emploi aux Etats-Unis en raison du resserrement de leurs financements en dollars, affirment ce lundi Les Echos.
Un expatrié d'une banque française a expliqué sous couvert d'anonymat que "le mouvement a été très brutal ces dernières semaines". "Ceux qui n'ont pas eu la chance d'être rapatriés au siège ont été parfois remerciés du jour au lendemain", a-t-il ajouté. "C'est un ajustement de modèle dicté à la fois par les évolutions réglementaires de Bâle III et la réduction de nos financements en dollars non sécurisés", a déclaré Diony Lebot, directrice générale de SocGen Americas, citée dans le journal.
Pour 2012, elle précise que, "même si l'accord entre les banques centrales sur les +swaps+ de liquidités et les mesures de financement de la BCE ont permis d'éviter un credit crunch (contraction brutale de l'offre de crédit), il y a toujours des signes d'impatience et de frustration du côté des investisseurs anglo-saxons", a-t-elle ajouté. » (...)
Retrouvez l'article intégral sur le site lexpansion.com, lundi 2 janvier 2012
MARDI
La TVA sociale se fera "avant l'élection présidentielle"
L'article est sur le site lepoint.fr
« Fin du suspense : trois jours après les vœux de Nicolas Sarkozy, le gouvernement a annoncé, mardi, son intention de porter sur les fonts baptismaux, avant même l'élection présidentielle, la TVA sociale, défendue par le patronat, mais critiquée par l'opposition et les syndicats. "La TVA sociale pour créer de l'emploi en France et pour éviter que des produits importés ne soient vendus chez nous à bas coûts, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle", a déclaré sur France Info Valérie Pécresse, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement. Elle a confirmé qu'elle serait "proposée aux syndicats lors du sommet social" programmé le 18 janvier à l'Élysée. (...)
Dans son message aux Français pour la Saint-Sylvestre, Nicolas Sarkozy avait évoqué samedi, sans la nommer, la TVA sociale comme l'un des trois sujets "dominants" du moment avec le chômage et les "dérèglements de la finance". Mais il n'avait pas davantage détaillé ses intentions, indiquant simplement qu'elle serait au menu du sommet du 18 janvier. Le chef de l'État avait émis le souhait de "faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main-d'œuvre à bon marché" à l'allègement du coût du travail en France.
Dans son principe, la TVA sociale consiste à alléger le poids, particulièrement lourd en France, des cotisations sociales, salariales et patronales, pour le transférer sur la TVA qui pourrait être majorée de plusieurs points. Pour parvenir à ses fins, le gouvernement devra toutefois composer avec un calendrier serré : la session parlementaire s'achève en principe à la fin février et le Sénat, passé à gauche, tentera vraisemblablement de lui mettre des bâtons dans les roues. » (...)
L'annonce a été diversement commentée par les candidats à l'élection présidentielle de mai prochain et les responsables syndicats de tous bords.
Retrouvez l'article complet sur le site le point.fr mardi 3 janvier 2012
Les exigences de l'ASN ne coûteront pas trop cher à EDF
C'est le site lexpansion.com qui rapporte les propos des dirigeants d'EDF.
« Les exigences de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour renforcer la robustesse des centrales françaises devraient entraîner pour EDF un surcoût de 10 milliards d'euros au maximum par rapport aux investissements déjà programmés, a-t-on appris mardi auprès du groupe.
"Pour pouvoir exploiter notre parc de 58 réacteurs jusqu'à 60 ans, nous avions quantifié les dépenses nécessaires à environ 40 milliards d'euros" sur une trentaine d'années, a rappelé Jean-Marc Miraucourt, directeur de l'ingénierie du parc nucléaire d'EDF. "Nos premières estimations montrent qu'on devrait rester dans une fourchette de 40 à 50 milliards d'euros", a-t-il indiqué à l'AFP après la publication du rapport de l'ASN sur la sûreté des installations françaises.
"Cela ne révolutionne pas et ne bouleverse pas le montant d'investissements que nous avions quantifiés", a ajouté ce responsable, en soulignant toutefois qu'EDF devrait accélérer certains investissements par rapport à ce qu'il prévoyait avant la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima. Il a notamment pris comme exemple l'installation de groupes électrogènes supplémentaires, dont devront être équipés les 58 réacteurs du groupe d'ici 2018, au lieu de s'étaler sur une période beaucoup plus longue. (...)
L'ensemble des centrales françaises ont "un niveau de sûreté suffisant" pour exclure leur arrêt immédiat mais il est indispensable d'investir des milliards d'euros pour augmenter dès que possible leur "robustesse", a jugé mardi l'ASN, qui a donné six mois aux exploitants des installations atomiques (principalement EDF) pour lui présenter les mesures prévues en cas de catastrophe majeure.
Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site lexpansion.com mardi 3 janvier 2012
Banque de France : 2.500 postes menacés d'ici 2020
L'information était entre autres sur le site latribune.fr
« La Banque de France prévoit de supprimer 2 500 postes nets d'ici 2020 dans le cadre d'un plan stratégique destiné à gérer environ 5 000 départs naturels à la retraite et à adapter l'institution à ses missions, a indiqué ce mardi l'établissement bancaire à l'AFP. Le plan inclut 2 500 recrutements sur la période, avec une forte proportion de cadres. (...)
Concrètement, les effectifs, qui se montaient à 13.009 équivalents temps plein (ETP) fin 2010, passeront à environ 10 500 en 2020. "Le gouverneur (Christian Noyer) a considéré que, comme dans la fonction publique, seul un départ sur deux serait renouvelé", a-t-il été précisé. (...)" L'établissement va devoir gérer une vague de départs massifs à la retraite, qui atteindront 700 par an à la fin de la décennie. Ce mouvement "va nous permettre d'accélérer une réforme qui a déjà été entamée il y a quelques années avec une politique d'investissements qui se traduit par une réduction des besoins en personnel", a exposé le directeur général des ressources humaines.
Les effectifs de la Banque de France ont déjà été réduits d'un peu plus de 2 000 personnes sur les dix dernières années, également par le biais du non renouvellement de départs en retraite. » (...)
Retrouvez l'article sur le site latribune.fr, mardi 3 janvier 2012
Les banques placent 446 milliards d'euros de liquidités auprès de la BCE
Le site latribune.fr publiait cette information qui est loin d'être anodine.
« Les banques ne se font toujours pas confiance et préfèrent stocker leurs liquidités à la Banque centrale européenne plutôt que de se prêter en elles. Les dépôts au jour le jour se sont approchés lundi du record. Le record est proche. Les banques européennes ont placé 446,3 milliards d'euros euros lundi 2 janvier auprès de la Banque centrale européenne. Le précédent record remonte au 27 décembre dernier : 452 milliards avaient été déposés dans la journée. La veille, le 26 décembre, un précédent record avait déjà été enfoncé.
Les banques ont en effet les poches pleines de liquidités depuis que la BCE a procédé à une opération inédite de refinancement en accordant 489 milliards d'euros de prêts à trois ans à 1%, le 21 décembre. Avec cette manne, elles peuvent rembourser leurs propres échéances ou souscrire aux emprunts d'Etat comme elles l'ont fait par exemple pour les bons du Trésor italiens fin décembre.
Mais pour le surplus, comme elles ne veulent pas prendre le risque de se prêter en elles, les banques préfèrent placer leur argent... auprès de la BCE qui pourtant ne les rémunère qu'à 0,25%. » (...)
Retrouvez cette brève sur le site latribune.fr, mardi 3 janvier 2012
MERCREDI
La BCE devrait à nouveau baisser ses taux
L'information était sur le site lesechos.fr
(...) « Alors que la récession menace la zone euro, 66 économistes interrogés par Reuters estiment que la BCE va abaisser son principal taux directeur, actuellement à 1%, à un nouveau plus bas record de 0,75% en février ou en mars. Le mois dernier, l'institut d'émission a injecté quelque 500 milliards d'euros de liquidités à trois ans dans le système bancaire européen. Après cette opération, la probabilité estimée de mise en œuvre d'un programme d'assouplissement quantitatif (QE) en bonne et due forme est tombée de 40 % à 30 %. (...)
La BCE a déjà procédé à des rachats de titres de dette des Etats de la zone euro pour faire reculer leur rendement qui s'était envolé sur les marchés. Toutefois, pour éviter d'alimenter l'inflation, la banque centrale mène par ailleurs chaque semaine une opération de stérilisation pour compenser ces achats. Dans ce processus de compensation, on serait en situation d'assouplissement quantitatif (QE). Cet achat d'obligations avec de l'argent nouvellement imprimé a été en revanche mis en place aux Etats-Unis par la Réserve fédérale et au Royaume-Uni par la Banque d'Angleterre. "La nécessité de commencer un QE non stérilisé dans les semaines à venir a été quelque peu réduite par l'importante demande lors de l'opération à trois ans", commente Elwin de Groot, économiste de marché chez Rabobank International. "Mais le besoin très élevé de refinancements souverains cette année pourrait finalement contraindre la BCE à racheter des montants considérables d'obligations, à tel point que ces achats ne puissent être totalement stérilisés." (...)
Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site lesechos.fr, mercredi 4 janvier 2012
La taxe Tobin européenne annoncée pour fin 2012
Le site lexpansion.com revient sur une idée chère au Président français Nicolas Sarkozy.
(...)« Le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti, a affirmé mercredi que la taxation des transactions financières en Europe serait mise en place "avant la fin de l'année 2012". "C'est au programme du prochain sommet européen (30 janvier). La taxation des transactions financières, c'est Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel qui l'ont décidée, et ça se mettra en place avant la fin de l'année 2012", a-t-il déclaré sur la chaîne d'informations LCI. "Il y a déjà l'Allemagne et la France qui sont d'accord. J'ai cru comprendre que le nouveau gouvernement italien, avec lequel on a pris contact, n'y était pas opposé. Les 26 sur 27, pour tout dire, tous les pays européens sauf la Grande-Bretagne ne sont pas opposés à cette idée, et sauf la Suède qui eu une mauvaise expérimentation dans ce domaine", a-t-il ajouté. Paris avait déjà annoncé qu'une contribution franco-allemande pour fixer l'assiette de cette taxe serait présentée le 23 janvier, mais pour être "opérationnelle" en 2013.
Le sujet, relancé en août par le couple franco-allemand, a été débattu au G20 des 3 et 4 novembre 2011, à Cannes. Mais un grand nombre de pays sont opposés à une taxe mondiale, comme les Etats-Unis et la Chine. En Europe cependant, les choses pourraient bouger alors que la Commission européenne a présenté fin septembre une proposition de taxe qui s'appliquerait à l'Union européenne à partir de 2014 et pourrait rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros par an. Les taux retenus envisagés seraient de 0,1% sur les actions et les obligations et de 0,01% sur les autres produits financiers. Mais au sein même de l'UE, l'opposition de certains pays est vive. » (...)
Retrouvez cette information sur le site lexpansion.com mercredi 4 janvier 2012
JEUDI
Croissance ou récession en 2012 ? Ce que prévoient les économistes
Challenge.fr a demandé à des experts comment ils voient l'année 2012. Leur avis est clair : ils prévoient... une stagnation. Consommation, investissement, commerce extérieur: les trois moteurs de la croissance devraient tourner au ralenti.
(...) « En 2012, l'économie française sera à l'arrêt: selon le consensus, la croissance ne dépassera pas 0,1%, plusieurs instituts prévoyant même un recul du PIB. L'Insee vient d'officialiser l'entrée en récession, au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012. Et après? Les experts espèrent que la panne sera moins sévère qu'en 2008-2009. Mais elle va frapper une économie juste convalescente, et l'Etat n'a cette fois aucune marge de manœuvre.
Surtout, ce scénario repose sur l'hypothèse de la fin de la contagion de la crise de la zone euro. Or, après la Grèce, l'Italie, l'Espagne et la France voient leurs taux d'intérêt grimper. Face à cette crise de confiance, "les Etats européens ont été incapables de prendre des mesures rapides et fortes, juge Laurence Boone, économiste de Bank of America-Merrill Lynch. Ils ont bricolé dans l'urgence des remèdes pour calmer la fièvre, mais ne soignent pas la maladie". Certes, aucun des experts consultés par Challenges ne pronostique l'éclatement de l'euro. Mais aucun ne croit que les dirigeants européens vont créer la solidarité budgétaire suffisante. (...)
"Les restrictions, prises pour enrayer les déficits, pèsent sur la croissance, souligne Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Du coup, les Etats ne peuvent tenir leurs objectifs de réduction, les créanciers font grimper les taux d'intérêt, donc la charge de la dette s'accroît, ce qui grève encore plus le budget... et oblige à de nouvelles mesures de rigueur." Selon l'OFCE, si la France voulait tenir coûte que coûte sa promesse d'un déficit à 4,5% du PIB en 2012 malgré l'arrêt de la croissance, elle s'enfoncerait dans une récession de 1,6%. (...)
Traditionnel moteur de la croissance, la consommation, qui avait plutôt résisté au plus fort de la crise de 2009, pourrait cette fois tomber en panne. Alors qu'elles ont progressé, en moyenne, de 1,7% par an sur les vingt dernières années, les dépenses des ménages ne devraient augmenter que de 0,2 à 0,6%, selon les prévisions. Certains experts sont plus pessimistes: Goldman Sachs table sur une stagnation, du jamais-vu depuis 1958. La Deutsche Bank annonce un léger recul. (...)
Certes, cette panne de la consommation a été souvent annoncée, ces dernières années, par les économistes. Mais cette année, le risque semble beaucoup plus sérieux. D'abord, à cause de la dégradation plus sévère du marché du travail. (...) Selon l'OFCE, 280 000 postes seront détruits cette année, ce qui ferait passer le taux de chômage au-dessus de la barre fatidique des 10%, pour la première fois depuis 1999. (...)
Lors du prochain sommet social, le 18 janvier à l'Elysée, les syndicats devraient plaider pour un développement du chômage partiel. Massivement utilisé en Allemagne, il a permis, en partie, à notre voisin, dont la population active stagne, de faire passer son taux de chômage... sous 6% en 2011. Autre piste: la relance des contrats aidés. "Ils ne coûtent pas très cher et permettent de cibler les travailleurs fragiles, jeunes et peu qualifiés", soutient Mathieu Plane.
L'autre raison du probable décrochage de la consommation, c'est la rigueur budgétaire. Selon l'Insee, les impôts des ménages vont augmenter de 3% au premier semestre, tandis que la plupart des prestations sociales, notamment les allocations familiales, seront revalorisées à un niveau inférieur à l'inflation (1% en 2012). (...) Conséquence: les ménages risquent d'accroître leur taux d'épargne, qui atteint déjà un niveau record, à près de 17%, ce qui freinerait un peu plus leurs achats. Les experts sont toutefois partagés. (...)
Les Français devraient se montrer plus frileux pour l'achat de leur logement. "Depuis l'été, le marché de l'immobilier s'est brusquement gelé", confirme Jean-François Buet, à la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim). Au dernier trimestre 2011, le prix du mètre carré, déjà en baisse dans les villes moyennes, a même stagné à Paris, une première depuis la crise. (...) Le scénario noir d'un credit crunch, c'est-à-dire une fermeture brutale du robinet du crédit, obligerait les sociétés à ajourner leurs projets d'équipement, de recherche et développement, et pourrait mettre en péril la trésorerie de milliers de PME. (...)
Retrouvez l'intégralité de ce gros dossier et les prédictions de tous les experts sur le site challenge.fr jeudi 5 janvier 2012
Le chômage coupe l'Europe en deux
C'est un article de latribune.fr
« Dans les pays du sud européen, le nombre de sans-emploi explose sous l'effet des politiques d'austérité, de la récession économique et de l'absence de réforme des marchés du travail. Malgré la crise, les pays du nord réussissent à créer des emplois en recourant à des mesures qui favorisent l'adaptation à un marché mondialisé. En Europe, les chiffres du chômage illustrent mieux qu'aucune autre statistique une Europe à deux vitesses, particulièrement entre le nord et le sud. Ainsi l'Allemagne affiche son plus bas taux depuis 1991 tandis que l'Espagne s'envole vers des sommets à quelque 23 %. Et la publication, vendredi, de l'estimation de la Commission européenne de décembre pour la zone euro devrait confirmer cet écart. Cette dichotomie européenne reflète en premier lieu l'état des économies du Vieux Continent. Les uns s'enfoncent dans la récession (Grèce, Portugal, Espagne...), les autres parviennent à maintenir un rythme de croissance, même modeste. La France, elle, voit son taux de chômage se hisser à des niveaux inédits depuis douze ans, sur fond de contraction de l'activité. (...)
La crise n'explique pas tout. En Allemagne, et contrairement à la France, les employeurs, soutenus par les pouvoirs publics, préfèrent garder leurs employés, comme ils l'avaient fait durant la récession de 2009, quitte à les placer provisoirement en chômage technique ou en vacances forcées via l'usage des heures stockées dans leur « compte épargne de temps de travail » alimenté par leurs heures supplémentaires. Dans un contexte de compétition mondialisée, cette solution permet de garder intacte la force de travail pour répondre rapidement à la demande dès que s'amorce une reprise. (...)
Retrouvez l'article de Robert Jules, Florence Autret et Frank Paul Weber sur le site latribune.fr jeudi 5 janvier 2012
Chine : excédent commercial réduit à 160 milliards de dollars en 2011
Le site latribune.fr analyse les chiffres de la balance commerciale chinoise. Même en baisse, celle-ci ferait encore le bonheur de bien des pays.
« La Chine a dégagé un excédent commercial d'environ 160 milliards de dollars en 2011 (124 milliards d'euros), contre 183,1 milliards un an auparavant, a annoncé jeudi le ministre du Commerce, Chen Deming. Le mois de décembre a été bon. Selon des calculs de Reuters, l'excédent commercial est ressorti à environ 21,6 milliards de dollars en décembre, un plus haut de quatre mois, après 14,5 milliards en novembre.
Dans un communiqué, Chen Deming a déclaré que la part de l'excédent commercial chinois dans le produit intérieur brut avait diminué en 2011 pour tomber à 2% contre 3,1% en 2010. Les importations et les exportations chinoises ont représenté un total de 3.600 milliards de dollars en 2011, un montant de 20% supérieur à celui de 2010, a ajouté le ministre. » (...)
Retrouvez cette brève sur le site latribune.fr jeudi 5 janvier 2012.
Les banques espagnoles ont encore besoin de 50 milliards d'euros
Encore des chiffres sur le site latribune.fr
« Pour le ministre espagnol de l'Economie, les banques ne sont pas encore sorties d'affaire. Luis de Guindos a estimé dans un entretien au Financial Times de ce jeudi qu'elles avaient besoin de provisionner jusqu'à 50 milliards d'euros en plus pour nettoyer leurs comptes.
"Si vous prenez des critères internationaux, comme dans le cas de l'Irlande, au maximum nous parlons d'un besoin de 50 milliards d'euros de provisions supplémentaires", a déclaré le ministre. "Dans la grande majorité des cas, elles peuvent les fournir elles-mêmes, en piochant dans leurs bénéfices", et "cela peut se faire, non pas sur un an, mais sur plusieurs années", a-t-il ajouté.
(...) Plusieurs banques espagnoles ont déjà lancé des opérations d'augmentation de capital pour renforcer leur stabilité comme le leur demandait l'autorité bancaire européenne (EBA).
Retrouvez l'information sur le site latribune.fr jeudi 5 janvier 2012
VENDREDI
Taxation des transactions financières : Paris met l'EUROPE sous pression
Le site challenge.fr publiait cette information.
«Selon Henri Guaino, une décision sur une taxation des transactions financières sera prise "avant la fin du mois de janvier" par la France, prête à "montrer l'exemple" dans ce domaine. (Lire mercredi les déclarations de Jean Leonetti). (...) Paris serait-il prêt à la mettre en place sans l'Allemagne ? "La France donnera l'exemple sur ce sujet", a répondu Henri Guaino. "C'est mieux s'il y a l'Allemagne" et "si on doit le faire avant les autres, j'espère qu'on le fera avec l'Allemagne". "Nous allons continuer à en discuter dans les jours et les semaines qui viennent. Mais la France est prête à donner l'exemple sur ce sujet, comme elle l'a donné pour les bonus et un certain nombre de réglementations en matière financière". "La France espère entraîner les autres", a insisté le conseiller du Président.»
Retrouvez l'information sur le site challenge.fr, vendredi 6 janvier 2012
Taxation des transactions financières : Berlin dit non à Paris
La réponse n'a pas tardé à venir d'outre-Rhin, rapportée par challenge.fr
(...) « Alors que la France s'était dit prête à agir seul sur l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, Berlin a opposé une fin de non-recevoir à cette initiative : "La position allemande est inchangée: (....) le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne", a déclaré le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert. » (...)
Retrouvez l'information sur le site challenge.fr vendredi 6 janvier 2012.
Zone euro : les derniers indicateurs qui inquiètent
Le site challenges.fr se fait l'écho de l'inquiétude des experts concernant la santé de la zone euro.
(...) « Plusieurs indicateurs européens ont été dévoilés, vendredi 6 janvier. Tout d'abord, l'office européen des statistiques Eurostat a annoncé que le taux de chômage dans la zone euro est resté à son plus haut niveau historique de 10,3% de la population active en novembre 2011, soit le même niveau qu'en octobre. Il s'agit du septième mois consécutif au cours duquel le chômage a atteint ou dépassé 10% dans la zone euro. (...) Le taux de chômage de la France, à 9,8%, est inchangé par rapport à octobre, de même que celui de l'Allemagne, qui reste à 5,5%. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage est resté stable en novembre par rapport à octobre, à 9,8%, bien que le nombre de personnes sans emploi ait augmenté de 55 000.
D'autre part, l'indice de confiance des chefs d'entreprises et des consommateurs a continué de se dégrader en décembre dans la zone euro, enregistrant son dixième mois consécutif de baisse. (...)
Enfin, les ventes de détail dans la zone euro ont diminué de 0,8% en novembre 2011 par rapport à octobre, mois où elles avaient augmenté de 0,1% (contre 0,4% estimé précédemment), a indiqué Eurostat. Par rapport à novembre 2010, les ventes de détail ont enregistré une baisse de 2,5% dans la zone euro. (...) Dans l'ensemble de l'Union européenne, les ventes de détail ont diminué de 0,6% sur un mois et de 1,3% sur un an.
Retrouvez l'article complet sur le site challenge.fr vendredi 6 janvier 2012
DES CHIFFRES QUI DONNENT LE VERTIGE
Petites infos, mais grosses sommes à la clé, récoltées au fil de la toile sur latribune.fr ; lexpansion.lexpress.com ; nouvelobs.com ; leschos.fr ; lepoint.fr ; challenge.fr, investir.fr...
40,4 millions de dollars (31 millions d'euros), c’est le montant de la vente par la Grèce de quatre Airbus A340 usagés pour s'assurer des liquidités.
1,13 milliard, c’est le nombre de SMS ("short message service") qui ont circulé entre la soirée du 31 décembre et la journée du 1er janvier, soit 21% de plus que l'an passé. Orange a recensé 345 millions d'envois au cours de la seule journée du 1er janvier. SFR revendique 490 millions de textos sur son réseau sur les deux jours. Bouygues Telecom indique avoir traité 302 millions de SMS.
700 millions de dollars (539 millions d'euros), c’est le montant de la participation prise par Total dans les gisements de gaz de schiste du groupe américain Chesapeake Energy et d’EnerVest dans l'Ohio.
800 000 euros, c’est le montant de l’amende infligée par l’autorité de contrôle prudentiel des marchés à une banque.
18 milliards de dollars (13,8 milliards d'euros), c’est le montant des dommages et intérêts que devra verser Chevron Corp à des plaignants, qui accusent la compagnie pétrolière américaine de polluer la forêt amazonienne et de porter atteinte à leur santé.
215 millions, c’est le nombre (record) d’entrées enregistré en 2011 par les salles françaises de cinéma.
Informations
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